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Le Plan de l'Air

Air lizard

Les Failles de l'Air : les vents de l'au-delà

Tel un homme sain d'esprit brutalement atteint par la folie, Telara peut être secouée à tout moment par des forces maléfiques. Le ciel peut s'ouvrir au dessus d'une vaste plaine ou s'effondrer sur les plus hauts pics. Les tourbillons sereins et ponctuels peuvent se transformer en tempête haineuse, faisant tournoyer les vents avec une telle violence qu'ils sont capables d'arracher les rochers des montagnes et de les faire virevolter dans les airs comme les massues d'un jongleur fou.

Celui qui, par malheur, est à portée d'une Faille de l'Air peut finir écrasé par ces rochers. D'autres se retrouvent meurtris par des débris acérés comme des lames de rasoir par les vents dévastateurs ou sont pris au piège par la tempête, carbonisés par l'éclair et déchirés en lambeaux par les monstres franchissant cette Faille miroitant.

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Le Plan de l'Air : le ciel impitoyable

Le Plan de l'Air est presque entièrement constitué de son élément primaire : un ciel turbulent et infini. À la place des paysages, on y trouve des étendues de nuages bouillonnants qui se tordent et se percutent à la façon des continents. Les Djinalis et les Élémentaires d'air chevauchent les éclairs qui partent des cumulonimbus, tandis que les Rocs se laissent porter par les vents tourbillonnants et se repaissent de serpents ailés.

Quelques restes des proies chassées par Oiseaux du tonnerre peuvent tomber ici et là, ou atterrir sur les îles volantes qui tournoient dans les airs. Les rares créatures du Plan de l'Air ayant conservé un lien avec la terre ferme ont élu domicile ici, isolées pour l'éternité, jusqu'à ce que des vents favorisent le rapprochement de deux îles et que leurs occupants se déclarent une guerre sans fin.

Le Bahmi raconta cette petite anecdote sur le premier Parangon, le sage Won Odego.

Won Odego avait une élève solide et rapide, la fille de sa soeur. Elle se battait avec la grâce imprévisible d'un ouragan, et tout comme lui, son esprit était à la fois libre et sauvage. Le maître ordonna alors à son élève qu'elle lui prépare le thé tous les matins, exactement au même moment, avec les mêmes ingrédients et à la même température, été comme hiver !

« Pourquoi ? » demanda l'élève. Won Odego se contenta de sourire en réponse.

L'élève préparait le thé à la perfection mais sans aucune conviction. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui était demandé, à elle, une experte dans le maniement de l'épée, de réaliser une tâche aussi triviale que la préparation de cette boisson tous les matins.

Un matin, Won Odego, assis devant le thé, s'ébouillanta la lèvre. Il croisa alors ses épées derrière son cou, bloquant le coup qu'allait porter son élève. Puis il se retourna pour contrer son attaque. Pendant des jours, on entendit leurs lames s'entrechoquer. Cette marionnette aux yeux blancs avait la force et l'habileté de son élève, mais pas la moindre once de son esprit inventif. Elle finit par s’immobiliser, la lame d'Odego fichée dans la gorge.

« Celui qui se révèle dans la tempête doit apprendre à garder les pieds sur terre » déclara Won Odego, et le vent balaya les larmes de son visage.

Les Aéros : les cavaliers de la tempête

Tout comme le ciel impitoyable dans lequel elles vivent, les créatures des Failles de l'Air sont insensibles, arrogantes et cruelles. Elles sont pareilles au vent qui fait vaciller un homme à la façon d'une toupie avant de le laisser s'écraser contre les rochers.

Griffons, Rocs et Harpies volent dans les cieux de Telara, s'emparant du bétail pour le déposer dans leurs nids en pleine montagne. Et le bétail seulement quand les éleveurs sont chanceux... Les dangereuses Gargouilles demeurent accroupies sur les parapets des châteaux abandonnés, alors que les Coquatrices, ces charognards répugnants prêts à fondre sur tout ce qui passe à portée de leurs griffes acérées, font leurs nids dans les tours. Les Vespides, des guêpes de la taille d'un cheval, quittent leurs ruches et s'aventurent à l'extérieur, à la recherche de ventres de mortels dans lesquels déposer leurs œufs. Et les Yétis dévalent les pics montagneux, hurlants comme le vent et affamés comme une crevasse béante.

Le Dragon de l'Air : la Mère de nichée

Quand les Dragons sont arrivés, Crucia a réuni des armées entières sous le joug d'un seul et grand esprit collectif. Et sans les courageux exploits accomplis par les héros de Telara, chaque mortel aurait pu être asservi par le Dragon Blanc.

Mais le voile a cédé, et avec lui, la prison de Crucia. Encore enfermée dans son tombeau de glace, la Mère de nichée médite ses plans visant à manipuler ceux qui présentent une quelconque utilité à ses yeux, sans dédaigner pour autant l’emploi de la force lorsque la situation l’exige. Sa Légion de la Tempête s'est alliée à tous les autres cultes draconiques, avant de les trahir au moment opportun. Que ce soit par manipulation, par contrainte ou par asservissement de l'esprit, elle fait plier la volonté de tous ses opposants en imposant la sienne jusqu'à ce que toutes les créatures cohabitent enfin dans une parfaite unité monotone.

Le Culte de Crucia : la Légion de la Tempête

Crucia était autrefois à la tête d'un vaste empire, de corps d'armée indéfectibles et du réseau d'espions le plus sophistiqué de toute l'histoire de Telara. Aujourd’hui, c'est à peine si la Reine de la Tempête parvient à subjuguer l’esprit des mortels à qui il manque la volonté farouche de lui résister.

Sous son influence, un ami de longue date devient un véritable meurtrier, les enfants se retournent contre leurs parents, et les rois sont assassinés par leurs épouses qui, la nuit précédente, leur avaient juré un amour éternel. Crucia ne peut pas contrôler totalement tous ses disciples. Mais une fois touchés par elle, ses esclaves deviennent comme une ardoise vierge, des pantins prêts à n'importe quelle mission. Au fil du temps, Crucia façonne leurs esprits comme le vent érode les chaînes montagneuses.